La lactation automatique n’existe pas !

Une maman allaite son bébé

QU'APPELLE-T-ON "LACTATION AUTOMATIQUE" ?

Passé un certain cap, on peut avoir l’impression que la lactation se modifie.
Les seins deviennent mous, l’écoulement de lait spontané se fait plus rare.
Certaines mamans allaitantes craignent alors que les seins soient vides, que bébé manque de lait ou qu’utiliser un tire-lait devienne mission impossible. C’est pourtant un phénomène tout à fait normal qui vient avec le temps et une lactation bien rodée. Le corps s’adapte à la demande, c’est-à-dire au rythme des tétées.
C’est ce qu’on appelle, à tort, la “lactation automatique”.

LA LACTATION AUTOMATIQUE EST UN MYTHE !

C’est une expression qui s’est largement répandue et qui n’est pourtant utilisée ni par les animatrices de la Leche League ni par aucune consultante en lactation IBCLC ou professionnelle de l’allaitement. Et pour cause ! Elle laisserait à penser que le lait se produit tout seul. En réalité, la lactation fonctionne grâce à un binôme bien rodé et interdépendant : le contrôle endocrine prédomine au départ de la lactation, puis passe le relais au contrôle autocrine.

Contrôle endocrine et contrôle autocrine de la lactation

Le contrôle endocrine de la lactation

À la naissance du nouveau-né, les hormones sont en ébullition, un vrai feu d’artifice ! Ou plutôt un grand huit… Les hormones de la grossesse (progestérone en tête) chutent pour laisser place aux contractions. La délivrance du placenta libère l’ocytocine, qui favorise le lien mère enfant, et la prolactine, l’hormone responsable de la production de lait. Les premiers jours, la prolactine culmine pour permettre à la lactation de se mettre en route. C’est pour cela que toutes les femmes qui accouchent ont du lait. On parle alors de “contrôle endocrine de la lactation“. Le cerveau demande au corps de produire du lait et de le “stocker“. Vous pouvez alors ressentir une sensation de remplissage ou de tension dans les seins.

Le contrôle autocrine de la lactation

Au fil du temps, la prolactine diminue. Le corps s’adapte à la demande du nourrisson. C’est la succion de bébé qui fait venir le lait. La production lactée se fait en temps réel, régulée par la glande mammaire elle-même. On parle alors de “contrôle autocrine“. C’est lui qui permet de stopper la lactation si le bébé ne tète pas ou qui permet, au contraire, au sein de fabriquer du lait si le bébé tète efficacement.  Vous pouvez alors ressentir une sensation de seins plus souples.

Le F.I.L.

C’est une petite protéine présente dans le lait qui donne l’ordre de ralentir la lactation si le sein est bien rempli et qu’il n’est pas tété ou exprimé. On appelle ça le FIL : facteur inhibiteur de la lactation. C’est ce qui sert au contrôle autocrine. Si le sein n’est pas stimulé et que le lait reste stocké dans le sein, celui-ci s’arrêtera de fabriquer du lait maternel et la lactation cessera progressivement.

DÉTRICOTONS LES MYTHES

La lactation automatique dont on entend parler un peu partout est un mythe qui peut induire les mères en erreur et susciter des questionnements à juste titre :

  • Y aura-t-il un gros changement ou un moment difficile à gérer dans mon allaitement ?
  • Aurai-je assez de lait ?

Mythe 1 : Si mes seins deviennent mous, c'est que je n'ai plus de lait

Si les sensations changent, l’allaitement, lui, suit son cours. Vous avez peut-être l’impression que bébé ne prend pas assez de lait, et pourtant… tant qu’il tète à la demande, tout va bien ! Faites confiance à votre corps qui a tout prévu ! Les baisses de lactation peuvent arriver à n’importe quelle étape de l’allaitement. Le meilleur moyen de relancer une lactation affaiblie, c’est de multiplier les tétées et le contact peau à peau.

Mythe 2 : Si le contrôle endocrine est activé, ça va être "easy peasy" !

La loi de l’offre et de la demande permet de bien mettre en place une lactation appropriée à l’enfant.
La lactation s’adapte à bébé et varie aussi en fonction de facteurs externes. Une séparation de quelques jours sans stimulation lactée ne veut pas dire qu’une maman aura une baisse de lait au moment des retrouvailles.Il n’y a pas de “moment donné où” : la lactation s’adapte à l’enfant pendant tout le temps de l’allaitement.

POUR RÉSUMER

  • Après l’accouchement, le taux de prolactine est au plus fort pour permettre la mise en place de la lactation. Les hormones “demandent” au sein de stocker du lait pour parer aux besoins du bébé allaité (contrôle endocrine).
  • Au fil du temps, la glande mammaire va pouvoir elle-même gérer : c’est la succion de l’enfant qui stimule et envoie un message au corps : “fabrique du lait” (contrôle autocrine).
  • Oubliez le terme de “lactation automatique” : il est incorrecte et peut engendrer de fausses croyances (pas assez de lait, cap difficile à venir…).
  • Pour stimuler la lactation,ne vous préoccupez pas du nombre de tétées, allaitez votre bébé à la demande.
  • Gardez en tête que votre lactation évoluera tout au long de sa durée.
  • Profitez de votre aventure lactée !

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