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Don de lait maternel : le témoignage d’Anaïs

Melyssa allaite sa fille et fait don de son lait maternel au lactairum

Anaïs, 30 ans, est la maman de deux garçons de 8 et bientôt 3 ans, et d’une petite fille de 4 mois. Elle est également l’auteure du blog “Ma famille au végétal“. Actuellement en congé maternité, elle est préparatrice en pharmacie hospitalière depuis 10 ans. Confrontée au manque de lait des services de néonatalogie de par son métier, elle a sauté le pas du don de lait à la naissance de sa fille.

DANS QUEL ÉTAT D'ESPRIT ÉTAIS-TU ENCEINTE ? AVAIS-TU DÉJÀ ENVIE D'ALLAITER ?

Pour mes 3 grossesses, j’ai souffert d’hyperémèse gravidique. J’étais donc très fatiguée pendant de longs mois (pour ma fille ça a duré jusqu’au 6e mois). Pour ma première grossesse, je ne me suis posée la question que le jour ou j’ai rencontré mon bébé et que l’on m’a demandée si je souhaitais faire la tétée d’accueil. J’ai accepté et l’aventure a commencé comme ça. J’ai allaité mon aîné trois mois et demi, mon deuxième pendant deux ans et demi (sevrage induit pendant ma grossesse) et ma fille de 4 mois est encore allaitée. Je m’estime chanceuse pour ces trois allaitements. À part quelques crevasses au début, tout s’est bien passé. Je recommande d’ailleurs les coquillages qui ont été LA découverte pour ma fille, pour mon plus grand bonheur !

COMMENT AS-TU CONNU LES LACTARIUMS ET LE DON DE LAIT MATERNEL ?

J’ai connu le don de lait dans le cadre de mon travail. Avant de partir en congé maternité, j’étais en poste aux achats de la pharmacie de l’hôpital de Corbeil. Et il se trouve que je passais commande pour le service de réanimation en néonatalogie  : de lait maternel congelé à Necker et de lait lyophilisé au lactarium du Chu de Bordeaux. Je recevais donc les sacs avec les biberons et j’étais également confrontée régulièrement au manque de lait pour les petits prématurés.

QU'EST-CE-QUI T'A DONNÉ ENVIE DE DONNER TON LAIT ? T'ES-TU CONCERTÉE AVEC LE PAPA ?

J’en avais déjà eu envie pour mon deuxième enfant, mais les mois sont passés et je n’ai jamais pris le temps de faire les démarches. C’est mon travail qui m’a motivée à donner mon lait si je devais être à nouveau enceinte. En milieu hospitalier, j’ai été confrontée au manque de lait pour la néonatalogie. J’ai notamment été amenée à emprunter du lait en urgence à un autre établissement hospitalier un samedi.
J’ai pris ma décision seule, mais j’en ai parlé au papa pour que nous nous organisions ensemble pour les tirages. C’était important de se caler et de savoir qu’il serait d’accord pour s’occuper de la petite pendant les trente minutes où je tire mon lait pour le don, pour qu’un des tiroirs du congélateur soit réservé au surplus de lait à donner, ou encore pour m’accompagner dans les moments de doute, de fatigue, ou de démotivation.

COMMENT S'EST PASSÉE LA PRISE DE CONTACT ?

Ça s’est fait très simplement. J’ai contacté le lactarium de Necker (j’habite l’Essonne) par mail dans un premier temps. Une référente m’a ensuite contactée par téléphone pour discuter ensemble du projet. Le jour même, j’étais inscrite. J’ai ensuite reçu le matériel nécessaire par la Poste.

COMMENT ÇA SE PASSE CONCRÈTEMENT ?

La référente m’envoie un petit texto quelques jours avant son passage pour savoir si elle peut venir et si j’ai besoin de quelque chose, comme des biberons stériles et des pastilles de stérilisation. Elle collecte si j’ai au moins 1,5 litre de lait à donner. Il y a également une prise de sang à faire pour détecter les maladies telles que hépatite et Vih, à renouveler tous les trois mois.

DE TON CÔTÉ, AS-TU MIS EN PLACE UNE ROUTINE ?

Je me garde un petit temps une fois par jour pour tirer mon lait spécifiquement pour le don au lactarium.  C’est généralement en soirée quand ma fille est au calme avec son papa. 

ES-CE CONTRAIGNANT ?

Pour plus de simplicité, je récupère parfois le lait que je veux donner avec un recueil lait collé au sein pendant que bébé tète sur l’autre. Je n’ai pas besoin de sortir et brancher le tire-lait, et ça c’est reposant. La seule vraie contrainte est de se laver les mains et le sein au savon avant.

EN AS-TU PARLÉ À TES PROCHES ? QU'EN ONT-ILS PENSÉ ?

Non, du tout. J’en ai parlé à ma belle-mère seulement qui ne connaissait pas le don de lait.

QUELLE ÉMOTION OU SOUVENIR GARDES-TU DE CETTE EXPÉRIENCE ?

Je suis fière d’avoir pu contribuer à hauteur de 3 litres à ce jour pour les petits prématurés. Ce n’est pas grand chose  mais je ne rate pas de jour de tirage à la maison. Un don de seulement 150 ml permet de nourrir un prématuré de 1kg pendant une journée.  Même donner peu est déjà énorme !

AS-TU DES CONSEILS OU DES ASTUCES POUR UNE MAMAN QUI ALLAITE ET SOUHAITE DEVENIR DONNEUSE ?

Je lui conseillerais d’abord de contacter son lactarium car les conditions de recueil sont différentes d’une région à l’autre, avec parfois une quantité minimum de lait à fournir, par exemple. Je lui dirais aussi de ne se mettre aucune pression : c’est un don, on fait ce qu’on peut.

LE MOT DE LA FIN !

Faites-vous confiance, les mamas ! Chaque goutte de lait peut compter pour la vie d’un petit bébé.

Vous êtes maman donneuse ou d'un bébé prématuré qui a bénéficie d'un don de colostrum les premières semaines et vous souhaitez apporter votre témoignage ? Vous souhaitez partager votre expérience lactée et participer à promouvoir l'allaitement maternel ? N'hésitez pas à nous contacter par mail !

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