Allaiter après 6 mois : Élodie nous partage son expérience

Élodie, 30 ans, est mariée et maman de deux petites filles de 5 ans et bientôt 13 mois.  Vivant l’allaitement comme une évidence, elle a pourtant connu un allaitement écourté pour son aînée à la reprise du travail, par manque d’information. Une grande déception suivie d’une révélation grâce aux expériences de mamans, toujours allaitantes “malgré” le retour à leur vie professionnelle, sur les réseaux sociaux. Elle nous partage son aventure lactée, les difficultés qu’elle a pu rencontrer, la reprise du travail, et nous livre ses conseils bienveillants.

DANS QUEL ÉTAT D'ESPRIT ÉTAIS-TU ENCEINTE ? AVAIS-TU DÉJÀ ENVIE D'ALLAITER ?

L’allaitement a toujours été pour moi très naturel. Enceinte, je ne me suis jamais posée la fameuse question « vais-je allaiter ou non ? ». C’était une évidence : je voulais allaiter !

LA 1ÈRE TÉTÉE, C'ÉTAIT COMMENT ?

Ma première fille a fait sa première tétée à quelques minutes de vie. Quel bonheur indescriptible de se dire qu’on nourrit et rassure son bébé avec une tétée ! Tout fonctionnait parfaitement. Ma fille était une grande “téteuse” en journée (elle a fait ses nuits à 3 semaines)… jusqu’à la fameuse reprise du travail ! N’étant pas informée et ne m’étant pas renseignée, je pensais que retourner travailler rimerait forcément avec arrêt de l’allaitement.
Du coup, au moment de reprendre mon activité professionnelle, ma fille avait 4 mois et demi et tétait uniquement le matin et le soir. La journée, elle était complétée en lait artificiel. Autant dire que ma lactation a chuté très rapidement … et a sonné la fin de l’allaitement un mois plus tard.
Enceinte de ma seconde fille, j’étais plus présente sur les réseaux sociaux. J’ai commencé à suivre des mamans aux allaitements non écourtés et qui travaillaient. La révélation ! J’accouche de ma seconde fille. Comme pour ma première, la mise au sein se fait quelques minutes après l’accouchement. Un pur bonheur ! Je me souviens exactement de cette sensation incroyable lors des mises au sein (merci l’ocytocine !), de ce lien d’attachement qui me lie à mon bébé (non, ce n’est pas un mythe). La voir repue après une bonne tétée, blottie dans mes bras, est, pour ma part, le plus beau des cadeaux de la vie.

AS-TU RENCONTRÉ DES DIFFICULTÉS AU COURS DE TON ALLAITEMENT ? COMMENT LES AS-TU RÉSOLUES ?

Une fois mon allaitement bien mis en route, j’ai rencontré quelques embûches à l’apparition des premières dents, vers 7 mois : des engorgements, des canaux bouchés, une ampoule de lait qui s’est infectée. Du coup, les tétées ont été [très] douloureuses durant presque 2 mois. Je me suis fait accompagnée par une association d’allaitement et par une consultante en lactation IBCLC, Cette consultante avait repéré un frein restrictif. Nous avons donc consulté un ORL qui a réalisé une frénectomie (coupure du frein de langue) à 11 mois. Il est certain que l’accompagnement a été crucial pour une continuité sereine de mon allaitement ! Une fois l’infection traitée, les douleurs se sont estompées très rapidement pour laisser place aux tétées sereines. Quel bonheur ! J’ai eu l’impression de redécouvrir mon allaitement !

COMMENT AS-TU GÉRÉ LA REPRISE DU TRAVAIL ?

Entre toutes ces embûches, j’ai repris le travail. ma fille avait alors 6 mois. Elle était gardée par une nounou géniale. J’avais au préalable réalisé un stock de lait au congélateur, et j’en avais donné à ma nourrice au cas où.
Je travaille dans l’événementiel, et je suis régulièrement sur chantier. Travaillant loin de mon domicile, je partais de chez moi à 7h et je rentrais à 19h. Je ne travaillais pas le mercredi. J’ai loué un super tire-lait qui est devenu mon compagnon de tirage (il est sur batterie). Je programmais 3 séances de tirage en double pompage dans la journée, (10h15/13h/15h30). Que je sois au bureau ou sur chantier, j’ai toujours trouvé une solution : dans ma voiture, dans des salles de réunion ou au pire dans les toilettes (cela m’est arrivé une seule fois ! Impossible alors de trouver un autre lieu). Ce que je tirais la journée, je le donnais à ma nounou pour le lendemain afin que ma fille bénéficie de mon lait frais. Je récoltais ni plus ni moins la dose qu’elle buvait.
A la base, je faisais partie de la team anti-biberon… mais ma fille ne voulait boire mon lait dans aucun autre contenant. J’ai tout essayé, mais en vain ! On est donc resté sur les biberons de lait maternel ! *  Je la faisais téter avant de partir le matin (elle dormait mais je la mettais au sein pour une grosse tétée, du coup elle me vidait un sein avant que j’aille au travail) et grosse tétée retrouvaille le soir à mon retour.

* À savoir : le biberon peut provoquer la fameuse confusion sein-tétine et induire un sevrage précoce de l’allaitement.

L'ALLAITEMENT LA NUIT : CA SE PASSE COMMENT ?

Jusqu’à ses 5 mois, ma fille se réveillait pour téter une à deux fois par nuit. Depuis, elle se réveille entre 3 et 5 fois. Elle tète 5 minutes et se rendort. Nous avons opté pour le cododo, puis le partage de lit, bien plus simple car elle vient directement à la source !

PENSAIS-TU ALLAITER AUSSI LONGTEMPS ?

Aujourd’hui, cela fait un peu plus de 12 mois que je partage ces dizaines de tétées par jour avec ma fille. J’aime tellement ces moments ! Je savoure ces 5 minutes de tétées (elles ont toujours été très rapides) lorsque je suis avec elle. Ma fille s’endort uniquement au sein et j’aime aussi ce moment rien qu’à nous. L’allaitement évolue avec l’âge. Maintenant, lorsqu’elle souhaite téter, elle me le fait comprendre avec ses mots ou pointe le bout de son doigt dans la direction de mes seins. Je trouve cela si naturel, je ne pense pas au sevrage. J’ai envie que cela dure encore [très] longtemps !

ET LE PAPA DANS TOUT ÇA ?

Le papa est bien content que j’allaite, surtout lorsqu’il voit que la tétée résout la plupart des bobos et des pleurs ! Il me suit dans mes choix et a toujours respecté ma décision d’allaiter.

AS-TU EU DES REMARQUES DÉSAGRÉABLES SUR TON ALLAITEMENT LONG ? COMMENTS AS-TU GÉRÉ ?

Je n’ai pas forcément eu de remarques désobligeantes, seulement des interrogations (de mes proches le plus souvent), du type : « mais tu souhaites allaiter ta fille jusqu’à quand ? “. En général,  je réponds avec humour : « au moins jusqu’à ses 18 ans ! » Ou de façon plus terre à terre : « lorsqu’elle le voudra ! »
Je suis peut être tellement investie dans mon allaitement que je ne vois pas les remarques désobligeantes. Je perçois beaucoup de regards bienveillants lorsque j’allaite à l’extérieur (dans les magasins, à la plage, dans la rue).  Le petit regard attendrissant des mamans de petits ou grands enfants, ça me touche à chaque fois !

AS-TU DES CONSEILS OU DES ASTUCES À PARTAGER POUR LES MAMANS QUI AIMERAIENT VIVRE UN ALLAITEMENT PROLONGÉ ?

Le conseil que je peux donner aux mamans qui veulent allaiter c’est : écoutez-vous ! Suivez votre instinct. Que vous allaitiez 1 jour ou 3 ans, vous êtes la meilleure maman pour votre bébé !

LE MOT DE LA FIN !

Je dirais que le plus important est de vivre son allaitement pleinement et de ne pas hésiter à prendre de bons conseils auprès de personnes compétentes.

Si vous souhaitez vous aussi partager votre expérience d'allaitement prolongé (ou tout autre aventure lactée) et participer à normaliser l'allaitement, n'hésitez pas à nous contacter par mail !

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