une mère utilise un tire-lait
Qui ne s’est jamais sentie dépitée devant son tire-lait après une séance active mais finalement peu productive ? Alors, bien sur, on se questionne, on doute. Le fameux « Ai-je suffisamment de lait ? » repointe son nez.  La fée culpabilisation nous rappelle que le stock du lendemain pour la nounou ne sera peut-être pas suffisant.
Le mantra « Je ne tire pas assez de lait » tourne en boucle dans notre tête.
Et là, le fameux cercle vicieux s’enclenche pour les mamans allaitantes  : peur de manquer de lait → stress → baisse de lactation → peur de manquer de lait…
Alors, on dit stoppe aux pensées négatives !
Respirez un coup, armez-vous de patience et testez la liste d’astuces que je vous ai concoctée.
Table des matières

"Pausez-vous !"

Une bonne tisane, une musique propice à la détente et à la réflexion…
Posez-vous et faites le point sur votre état du moment.
→ Vivez-vous une période de stress ?
Identifiez la cause de votre stress et cherchez ce qui pourrait vous soulager ou vous détendre.
→ Bébé est-il en plein pic de croissance?
Pendant cette phase, il tète beaucoup et on peut parfois penser qu’il ne mange pas à sa faim (ou qu’on manque de lait). Pas d’inquiétude : ça ne durera pas et tout est ok niveau lactation. Justement, votre corps s’adapte aux nouveaux besoins de votre bébé allaité.
Attendez-vous à des pics de croissance vers 14 jours, 6 semaines, 12 semaines, puis une fois par mois. Pendant ces périodes, bébé réclame plus souvent à boire puis retrouve son rythme habituel.

Vérifiez la taille des téterelles

Pas assez de lait et c’est la déprime. Vous tirez, êtes super motivée, rien à faire ! Le pot au lait ne se remplit pas des masses et les sachets n’envahissent pas le congélateur. Il suffit parfois d’un petit rien, d’un petit grain de sable pour enrayer la machine.
Une téterelle trop grande, ou au contraire trop petite et votre réserve de lait peut être réduite à (quasi) néant. Armez-vous d’une règle, mesurez le diamètre de votre téton et vérifiez si vos téterelles sont bien adaptées.

Massez pour stimuler

Massez vos seins avant la tétée et finissez d’exprimer le lait à la main.
Le but ? Effectuer une stimulation manuelle pour retrouver le réflexe d’éjection du lait, lorsque celui-ci coule vite en jet, et non plus en goutte à goutte.
La technique ?
Passez de l’eau chaude sur votre poitrine pour détendre les tissus. Massez en gestes amples et circulaires en partant de sous l’aisselle jusqu’au mamelon. Prolongez avec un massage aréolaire, qui stimulera le fameux réflexe d’éjection. Avec 3 ou 4 doigts, effectuez des mouvements circulaires de l’extérieur du sein vers l’aréole. Puis, avec les mains à plat, avancez progressivement de l’extérieur vers l’aréole,  jusqu’au mamelon.

Suivez un "power pumping"

Avec le « power pumping » (ou marathon de tirages), on va cherche à sur-stimuler la lactation pour lui redonner un coup de boost (et ensuite retrouver notre rythme de croisière). Il existe essentiellement deux méthodes.
→ La méthode de Catherine Watson (conseillère en lactation IBCLC)
Tirez votre lait au moins 10 fois par jour pendant 5 à 10 minutes. Espacez les tirages d’au mois 45 minutes.
→ La méthode Lact&Sens
Tirez 3 fois par jour pendant 1 heure de la façon suivante : 20 minutes de tirage puis alternez 10 minutes de pause et 10 minutes de tirage.

Changez votre routine tire-lait

Parfois, c’est la routine de tirage que l’on s’est fixée qui n’est pas en phase avec notre lactation. Mauvais timing ? Rythme trop aléatoire ?
→Testez plusieurs moments de la journée.
→ Essayez de sentir quand se fait la montée de lait, ce sera un moment propice pour le tirage.
→ Adaptez votre routine : tirez votre lait à un autre moment de la journée ou, au contraire, tirez toujours au même moment pour aider votre corps à trouver un rythme.
→ Tirez votre lait sur un sein pendant que bébé tète l’autre : la succion active le réflexe d’éjection, le lait coule (presque) tout seul. Il existe des recueil-laits en silicone naturel, légers, nomades et silencieux.

Testez un autre tire-lait

Un tire-lait pas assez ou trop performant ? Trop compliqué ? Défaillant ? Des tailles de téterelles inadaptées ou qui ne sont pas disponibles dans votre taille ?
On est d’accord, ça n’aide pas à tirer le lait correctement. Les tire-laits sont tous différents. Un autre modèle est peut-être plus adaptée à votre situation et à votre corps.
Par exemple, pour une maman qui devra beaucoup tirer son lait, un tire-lait manuel n’est sans doute pas le plus approprié.
Un tire-lait électrique permet souvent d’augmenter la production de lait car il déclenche plus rapidement le réflexe d’éjection. Il sera également plus adapté à un tirage quotidien (un facteur important à la reprise du travail quand on n’a qu’un temps limité pour tirer son lait).

Le saviez-vous ?
Tirer son lait simultanément des deux seins permet d’obtenir davantage de lait. Privilégiez les tire-lait électriques « double pompage » qui permettent de diviser par deux le temps de tirage. Ils conviennent pour une utilisation répétée, sur une lactation déjà établie.

Ajoutez un tirage et suivez la règle d'or

Peut-être avez-vous « juste » besoin de relancer un peu la machine. Ajoutez un tirage pour aider à stimuler la lactation. Et respectez toujours LA règle d’or : peau à peau à volonté et allaitement à la demande à la maison  (= tétées à volonté et à la demande, même la nuit, si si !). Interdiction de compter le nombre de tétées de la journée ! Ce moment sera bénéfique aussi bien pour bébé que pour vous et vous boostera en ocytocine.

Dé-focalisez votre attention

Regarder le récipient se remplir (ou pas) peut être source de stress. Et qui dit stress, dit moins de lactation. « Dé-focalisez votre attention » et concentrez-la ailleurs, sur quelque chose d’agréable tant qu’à faire.
→ Le saviez-vous ? Il existe un accessoire qui permet de tirer son lait les mains libres et de pouvoir vaquer à d’autres activités  : le bustier d’allaitement.
→ Détournez votre attention du tire-lait pendant le tirage : regardez un film, lisez un bon livre, équipez-vous d’un bustier d’allaitement et enchaînez les rythmes effrénés… Le tout est de trouver le truc qui vous fait plaisir et que vous n’avez pas forcément le temps de faire le reste du temps. Autant en profiter !
→ Cachez le contenu du récipient pendant la séance pour ne pas être focus sur la quantité de lait tiré.

Regardez une photo de bébé

Je ne vous l’apprend pas, nous sommes des mammifères. Les sens occupent une place importante dans notre vie et dans notre lien avec bébé. Saviez-vous qu’à la maternité, ce sont ses pleurs qui ont stimulé votre première grosse montée de lait ? Quand vous devez tirer votre lait à l’extérieur, réactivez vos sens !
→ Visuel : en regardant une photo de bébé
→ Auditif : avec une vidéo de votre tout petit
→ Tactile et olfactif : avec un objet lui appartenant : couverture, lange, doudou…

Tirez ou recueillez votre lait pendant la tétée

Cette technique testée et approuvée permet de cumuler plusieurs avantages, et plusieurs des astuces de cette article :
→ Le réflexe d’éjection du lait est déjà enclenché par la succion
→ La succion est LE booster de lactation par définition
→ Vos sens sont stimulés (et on a vu que ça avait une incidence)
→ Vous faites le plein d’ocytocine et vous vous « pausez »
→ Votre attention n’est plus focalisée (que) sur le tire-lait / recueil-lait

Complétez avec des aliments galactogènes

Le saviez-vous ? Certains aliments sont « galactogènes », c’est-à-dire qu’ils favorisent la production de lait en cas de petit coup de mou. En vrai, ils sont aussi le prétexte pour se ménager une petite pause et prendre soin de soi. Tisanes, fruits secs, snacks à base de fenugrec, à vous de choisir le petit plaisir qui sera bon à la fois pour votre lactation et pour votre moral.

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Fermez les yeux... et visualisez !

La technique de visualisation est de plus en plus utilisée et a fait ses preuves. Souvenez-vous de votre séance de rééducation du périnée où vous deviez visualiser une grotte ou encore une grille qui se ferme. Et bien là, c’est à peu près la même chose sauf que ce n’est pas une grotte que vous devrez visualiser mais un geyser. Ou tout autre image mentale qui fera sens pour vous… et qui imagera le réflexe d’éjection du lait.

Le mot de la fin !

Vous avez maintenant des pistes pour vous aider. Rappelons que la fatigue et le moral jouent beaucoup sur la production de lait maternel. Relativisez, lâchez prise (on ne peux pas être partout), faites-vous confiance et allaitez bébé à la demande. N’hésitez surtout pas à vous entourer de belles personnes qui sauront vous accompagner avec bienveillance dans votre aventure lactée (marraine d’allaitement, Leche League, sage-femme ou consultante en lactation).

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une maman tire son lait pour son bébé

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6 Commentaires

  1. Alors, j’ai tout fait, toujours pas de lait. Max 120ml sur 24h :(. Je tire toute les 3h le jour et toutes les 4h la nuit.
    J’ai l’impression que j’ai 2 bébés. Se lever pour ma fille de deux mois la nuit + tirer mon lait me mets KO surtout pour pas grand choses. Je suis épuisée…

    1. Bonjour,
      Ce qui reste le plus efficace, c’est le peau à peau et les tétées à la demande si bébé est allaité. Le rythme de tirage que vous décrivez est conseillé pour les mamans qui tire-allaitent exclusivement. Il est intense pour pouvoir compenser le fait que bébé ne tète pas et ne stimule pas la lactation par ses tétées. Est-ce votre cas ? (si votre fille est allaitée au sein, ce rythme n’est pas approprié). Il y a tellement de paramètres à prendre en compte : âge de l’enfant, marque du tire-lait, taille des téterelles (ont-elles été vérifié par une professionnelle), tire-allaitement exclusif ou bébé allaité aussi… Je vous conseille de prendre rendez-vous avec une conseillère en lactation qui pourra vérifier la position au sein et la succion, la taille des téterelles… Avez-vous aussi la possibilité de confier votre fille quelques heures le temps de vous reposer et de prendre soin de vous ?

  2. Merci!!! Je ne sais pas encore quelle méthode fonctionnera pour moi mais déjà votre article me donne envie de poursuivre, me rappelle qu’il ne faut pas forcément abandonner et qu’on peut juste essayer de faire de son mieux chaque jour.

    1. Merci pour votre commentaire, Pauline 😊 Il faut effectivement persévérer, et surtout croire en vous 😉 Et ne jamais hésiter à se faire aider si besoin, il y a de plus en plus de chouettes personnes spécialisées dans l’allaitement maternel de nos jours ❤️

    2. Bonjour.

      Je profite d’écrire ces quelques lignes face à un désespoir que je ressens.
      Ma fille a 2 mois et 1 semaine maintenant.
      Elle a dès sa naissance été nourri au lait artificiel et les sage-femme m’expliquait que s’était obligé car j’ai fait du diabète gestationnel pendant ma grossesse avec injection d’insuline dès le 1er mois jusqu’à la 37 SA (accouchement par voie basse)
      En fin de journée, après mon accouchement, j’ai supplié à l’équipe médicale de me laisser allaiter ma fille.
      S’était compliqué du fait qu’elle s’endormait au sein dès que je la mettais. Bref, une succion pas efficace du tout !
      J’ai maintenu l’allaitement exclusif jusqu’à ses 3 semaines où malheureusement j’ai dû compléter avec un lait artificiel car elle avait perdu plus de 18 % de son poids de naissance.
      À 5 semaines, ayant repris son poids, j’ai allaité exclusivement jusqu’à ce jour. Elle est au sein 20 fois / jour jusqu’à ce jour. Je la stimule tout le temps.
      Puis, il y a 1 semaine, elle a été diagnostiquée APLV (Allergie aux Protéines de Lait de Vache). Ainsi, je suis un régime d’éviction.
      Je ne sais plus quoi faire. Bébé perd du poids encore.
      J’ai tout essayé, aliments galactogène +++, séance de 30 mns de tire-lait double pompage après chaque mis au sein. En sachant, que je ne récolte rien au tire-lait, ou quelques fois 20 ml au total jusqu’à aujourd’hui.

      Mon coeur aspire à espérer et d’y croire encore pour un allaitement exclusif.
      Mais, le pédiatre me demande de compléter à nouveau avec un lait spécial pour APLV.

      Aidez-moi s’il vous plait !

      1. Bonjour,
        Je ressens beaucoup de désespoir mais aussi de persévérance dans votre témoignage. Il faudrait chercher s’il n’y a pas quelque chose qui « gêne » la tétée. Ça peut effectivement être l’APLV (à savoir qu’il faut environ 3 à 4 semaines d’éviction totale pour voir le bénéfice). Vous évoquez aussi une succion pas suffisamment efficace, ce qui peut être une autre piste (position d’allaitement, prise au sein, succion, hypoplasie..). Je vous recommande de prendre rapidement rdv avec une sage-femme spécialisée en allaitement (ou une consultante en lactation IBLC). Elle pourra, à la fois, vous rassurer, assister à une tétée et vous conseiller en fonction de ce qu’elle aura observé. Ces spécialistes de la lactation sont d’une aide précieuse (et ont clairement sauvé mon allaitement).

        Complémenter bébé, c’est quelque chose qui nous touche beaucoup quand on allaite. On peut rapidement le vivre comme un échec. J’ai connu ça momentanément quand j’allaitais ma fille et je comprend tout à fait que ce soit à la fois difficile et éloigné de l’allaitement dont vous pouviez rêver. Il faut le voir comme une aide ponctuelle. Si votre bébé en a besoin momentanément, le temps de savoir ce qui coince, donner un complément ne fera pas de vous une mauvaise mère, bien au contraire. Il est tout à fait possible d’essayer de complémenter avec du lait maternel dans un premier temps. Le DAL (dispositif d’aide à la lactation) est une aide précieuse dans ce genre de situation (pour complémenter aussi bien en lait maternel qu’en lait infantile).

        Lien 1 : Annuaire des consultantes en lactation IBLC
        Lien 2 : Utilisation du DAL

        Je vous envoie plein de courage et de bonnes ondes !

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